2 juin 2007
Alors que le PS traverse un énième désert, incapable de définir un projet, et où aucun discours convaincant et cohérent ne semble pouvoir émerger, il est rassurant d’entendre quelqu’un comme Hubert Védrine, dont le propos est clair et précis, loin des imprécations sarkoziennes le soir des élections. On l’a vu un temps dans le gouvernement Fillon, ou encore à la tête du Monde, ce qui est sûr, c’est qu’il était sur France Culture jeudi dernier dans l’émission Le Rendez-vous des Politiques (l’émission est encore disponible à l’écoute) à l’occasion de la publication d’un nouveau livre.
Emission très dense où, à défaut de pouvoir approfondir dans ce format assez court, Védrine aborde les grandes préoccupations de politique étrangère actuelles et à venir, pour la France et l’Europe, mais pas seulement.
L’auteur du terme d’hyperpuissance revient sur les relations avec les EU. Il pourfend l’attitude unilatéraliste et arrogante de l’administration Bush, mais précise qu’il ne faut pas réduire ce pays à son incarnation politique actuelle. Cependant, il vilipende les accusations systématiques d’antiaméricanisme primaire qui empêchent toute critique constructive des politiques américaines.
Il n’est pas tendre avec nous autres, pauvres occidentaux, pétris d’ethnocentrisme et de paternalisme, incapables d’appréhender les changements du monde en dehors de notre loupe universaliste. Ni avec une Europe qui tenterait, depuis 1945, de s’abstraire de la marche du monde, se contentant souvent d’une position de spectateur (le modérateur et historien de ce blog a droit de réponse sur ce point!). Et c’est là bien sûr le point nodal de l’entretien: quel rôle pour l’Europe, quel nouveau modèle, quelle organisation viable pour l’Union, et partant, quelle place pour la France dans cette organisation sur la scène internationale?
Il ne s’explique guère sur sa non-participation au nouveau gouvernement, mais marque bien sa différence d’avec Kouchner, se détachant fortement d’une vision droit-de-l’hommiste (à tendance néo-conservatrice) des politiques diplomatiques, privilégiant une attitude réaliste.
Dernier point en ce qui me concerne (et non pas de l’émission), il attaque les vélléités du pouvoir à légiférer sur les questions de mémoire et d’histoire, privilégiant certaines vérités officielles, au rique de “transformer les républiques en églises” et en occultant certains faits historiques. Il faut enseigner toute l’histoire dit-il et il s’émeut de la disparition de la transmission historique, véritable “tragédie” selon lui. Bilan exagéré ou alors réaliste? A vous de voir.
PS: pour les fans (ce que je me garde bien d’être), Védrine a son propre site internet, mélange de CV et d’autopromotion.
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Publié par nuitenpleinjour