Vladimir Nabokov, Partis pris

2 juin 2007

Un des aspects les plus réjouissants des remarquables et mordants entretiens de Nabokov tient à ses jugements lapidaires sur l’existence, sur un certain nombre de références établies (“je n’ai pas grande sympathie pour Platon, je ne pourrais pas vivre bien longtemps sous son régime germanique, militariste et musical”, 83; “le Nouveau Roman français n’existe pas vraiment, ce n’est qu’un petit tas de poussière et de plumes dans une case de pigeonnier crottée”, 195) et surtout sur la psychanalyse:

“Je n’ai pas l’intention de rêver les ternes rêves petit-bourgeois d’un charlatan autrichien avec un parapluie râpé”

“Laissons les crédules et les vulgaires continuer à croire que toutes les infortunes mentales peuvent être guéries par une application quotidienne de vieux mythes grecs sur les parties intimes de leur individu.”


La Meglio Gioventù

2 juin 2007

Et puisque l’on parle de l’Italie, un petit extrait du magnifique film de Marco Tullio Giordana, conçu pour la Rai. Ici, l’un des deux frères Carati, Nicola, à la personnalité ouverte et solaire, reçoit son 30/30 lors des examens de fin de première année de médecine, de la part d’un professeur qui lui applique son “coefficient de sympathie”, du grec sumpazein, “c’est-à-dire partager le pathos, une bonne qualité pour un médecin”.

Il l’invite ensuite à quitter l’Italie, ce pays-musée, beau mais inutile, à détruire, où ne se perpétuent que des dinosaures – comme lui-même. On est en 1967, et le film promènera sa caméra douce, amère, profonde sur la suite de l’histoire italienne, entre antipsychiatrie, déchirements familiaux, sincérité des personnages.