A la fin d’un conseil de classe une nouvelle fois déprimant, au cours duquel sont de nouveau pointés le manque de travail mais aussi l’architecture mentale fracturée de nombre d’élèves (dont les symptômes classiques sont la difficulté à comprendre un énoncé simple et la confusion “et”/”est”) une discussion vivante s’engage sur les causes et les diagnostics.
Je ne peux que redire ici ma conviction profonde que ces problèmes nous viennent, bien avant le lycée, et en plus des maux sociaux bien connus, d’une école primaire dégradée sinon détruite, aux apprentissages déstructurés.
Cette conviction, s’est étayée de lectures au fil des années. Parmi elles, je dois tout particulièrement conseiller les textes hors du commun de Laurent Lafforgue. Mathématicien d’exception, il aurait pu se consacrer tranquillement aux Chtoucas de Drinfeld de longues années durant. Il s’est fait connaître par un courriel fracassant dans lequel il expliquait que faire appel
“aux experts de l’Education nationale : Inspections générales et directions de l’administration centrale, en particulier direction de l’évaluation et de la prospective et direction de l’enseignement scolaire, pour moi, c’est exactement comme si nous étions un “Haut Conseil des Droits de l’Homme” et si nous envisagions de faire appel aux Khmers rouges pour constituer un groupe d’experts pour la promotion des Droits Humains.”
Cette lucide mais peu consensuelle prise de position l’ayant forcé à une démission du Haut Conseil de l’Education, il milite depuis, avec passion, talent, impartialité et une rare hauteur de vues, pour une refondation de l’école. L’appel est ouvert, à vos signatures…
Publié par nuitenpleinjour 
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